French poem
L’Arbre à gomme
by Auguste Lacaussade (1815–1897)
Déchiré par le fer, arbre au noble feuillage, À l’homme, dont la main te mutile et t’outrage, Tu n’en verses pas moins ton ombre et ton trésor ; Le flanc tout sillonné de profondes morsures, Par la lèvre béante où saignent tes blessures Ta sève coule en larmes d’or.
Poète, fais ainsi : sur la tourbe stupide Dont l’aveugle fureur t’insulte et te lapide, Te vengeant en bienfaits du lâche et du pervers, Dans l’angoisse ineffable où ton cœur se déchire, Laisse, ô consolateur ! laisse dans ton martyre Couler le baume de tes vers.