French poem
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by Baron Byron George Gordon Byron
VERS ADRESSÉS PAR LORD BYRON A SA FEMME, QUELQUES MOIS AVANT LEUR SÉPARATION.
1. Il y a une mystérieuse destinée qui entrelace si tendrement avec le fil de ma vie le fil d'une autre vue, que l'inflexible ciseau de la Parque doit les couper tous deux à la fois, ou n'en couper aucun.
2. Il y a une forme sur laquelle mes yeux ont souvent fixé leur regard avec une délicieuse extase: le jour, l'aspect de cette forme fait leur joie; la nuit, les songes leur en reproduisent l'image.
3. Il y a une voix dont les accens excitent dans mon sein une telle fièvre de ravissement, que je refuserais d'entendre un chœur de séraphins si cette voix ne devait point s'y joindre.
4. Il y a un visage dont la joue en rougissant parle d'amour: mais quand il pâlit lors d'un tendre adieu, il révèle plus de passion que les mots n'en peuvent exprimer.
5. Il y a une bouche qui a pressé la mienne, et que nulle autre n'avait pressée auparavant: elle a juré de me combler de douces félicités, et la mienne,--la mienne seule a juré de la presser encore davantage.
6. Il y a un sein,--qui tout entier m'appartient, --où je reposai souvent ma tête souffrante, une lèvre qui ne sourit qu'à moi seul, un œil dont les larmes coulent avec les miennes.
7. Il y a deux cœurs dont les battemens frappent de mesure avec un si parfait accord; dont les pulsations se répondent si bien l'une à l'autre, qu'ils doivent continuer ensemble leurs mouvemens,--ou cesser tous deux de vivre.
8. Il y a deux ames, si semblables à deux fleuves dont les ondes aimables et paisibles se confondent en un cours égal que, lorsqu'elles se quitteront, --se quitter!--oh! non! c'est impossible:--ces deux ames n'en font qu'une.
XXI.
A *****.
Lorsque tout, autour de moi, devint sombre et noir, que la raison éteignit à demi son flambeau, --et que l'espérance ne lança plus qu'une mourante étincelle qui égara davantage mes pas solitaires; au milieu de cette profonde nuit de l'ame, et de ces luttes intérieures du cœur, alors que, dans la crainte de paraître trop bons, --les faibles se désespèrent et les hommes froids s'enfuient; à l'heure où la fortune changea,--où l'amour s'envola, où les traits de la haine tombèrent en pluie serrée et rapide: tu fus l'étoile solitaire qui se leva sur mon horizon pour ne l'abandonner jamais. Oh! bénie soit ta lumière invaincue, qui veilla sur moi comme l'œil d'un séraphin, et maintint sans cesse entre la nuit et moi sa gracieuse et voisine lueur! Et quand sur nous fondirent les nuages qui tentèrent d'obscurcir tes rayons, --alors tes douces flammes s'épandirent avec un éclat plus pur encore, et chassèrent au loin les ténèbres. Puisse toujours ton esprit inspirer le mien, et m'apprendre ce qu'il faut braver ou souffrir! --Une seule de tes tendres paroles est plus pour moi que les vaines censures du monde. Tu m'apparus comme un arbre aimable, dont la branche non rompue, mais heureusement courbée, balance, avec un zèle fidèle, ses rameaux au-dessus d'une tombe: dussent les vents te briser,--dût le ciel se fondre tout en eau sur toi, tu fus --et tu serais encore, aux heures de la tempête, prêt à étendre sur moi ton feuillage humide de pleurs. Mais tu ne connaîtras aucun revers, quelle que soit ma destinée: car la divinité récompensera, en plein jour, les gens de bien,--et toi par-dessus tous. Laisse donc rompre le lien d'un amour abusé:--le lien ne se rompra jamais. Ton cœur est sensible,--mais non pas irritable: ton ame, toute tendre qu'elle est, ne sera jamais ébranlée. Voilà, quand tout le reste fut perdu, ce que je trouvai en toi, ce que j'y trouverais toujours; --et, tant que battra un cœur si éprouvé, la terre ne sera point déserte,--même pour moi.
XXII.