Versos French Chapelle Lettre à Molière (« Je n’ai encore vu chez lui »)

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Lettre à Molière (« Je n’ai encore vu chez lui »)

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Pour mon malheur, aussi courtois Que ceux de tant d’autres endroits, Que pensez-vous que je devienne, S’il faut que pendant plus d’un mois Soir et matin j’en entretienne Tout au moins deux, fort souvent trois, De tout ce qu’on fait en Guienne Pour l’alliance des deux rois ? Mais comme il ne fait rien qui vaille Et qu’il pleut ici tous les jours, Nous ne voyons perdrix ni caille, Et ne pouvons avoir recours, Pour notre ordinaire mangeaille, Qu’aux pigeons et qu’à la volaille Que fournissent nos basses-cours. Voyant cette étrange indigence De cailles, guignards et perdrix, Vous veut donner en récompense Un pâté, bon par excellence, Fait de deux lapins, tous deux pris Dans le meilleur endroit de France, Comme en pâte aussi tous deux mis Par un pâtissier d’importance. Goûtez-le bien, et je vous dis Qu’il est pâté de conséquence, Qui, bien que bis en apparence, N’en vaut assurément pas pis : Car, outre que la prévoyance Pour envoyer en assurance Un pâté jusques à Paris, Par une longue expérience, Veut qu’il tire un peu sur le gris, C’est, cher ami, qu’en conscience Nos Chartrains emportent le prix Pour savoir pâtisser en bis.