French poem
Lettre au duc de Nevers (« Pour répondre à vos deux »)
by Chapelle
Pour répondre à vos deux en ime, Dont cette dernière amplissime Pousse ime à toute extinction, Son altesse Sérénissime, Et de plus microcroutissime, D’autant qu’aviez l’intention De venir moins, comme Hermotime, En visite qu’en vision Foleter dans l’infectissime Chambre de son affliction, Vous récrit qu’obligatissime De viscère et de parenchyme
Elle est à votre affection, Comme à présent saluberrime, Plus que ne l’étoit l’ipsissime Faculté, devant qu’Albion Vous donnât sa probatissime Et fébrifuge potion. Plus encor, Duc humanissime, Vous mande le décroutissime Et très guéri Césarion, Hormis d’une ésurition Très contraire à Quadragésime, Que près de vous chacun est grime En poétique invention ; Et qu’ainsi, sans fard et sans frime, Il a plus d’admiration Pour la vive façon dont rime Moriez, le héros dudit ime, Que jadis n’eut de passion Pour le rapsodeur d’Ilion, Qu’il mit comme auteur qui tout prime Dans un étui d’un million, Celui dont fut l’ambition Telle que, pour être isotime À la céleste nation, Il préféra l’illégitime À la royale extraction
Et se fit un père anonyme, Et de plus cornutissime, Dans l’aréneuse région. De vrai, pareil au chantre rare Qui sut la Grèce ensorceler Des jeux, que vint renouveler Iphyte avec tant de fanfare ; Si haut Moriez s’élève en l’air, Qu’après lui qui voudroit voler, Par quelque cascade bizarre, Feroit de son nom appeler Une mer lointaine et barbare, Comme la Russe ou la Tartare, Où le marchand n’osant aller, De ce fol et nouvel Icare On n’entendroit jamais parler ; Et dans une nuit éternelle Croupirait mangé des poissons, À moins que la troupe immortelle Des neuf maîtresses des beaux sons, Sur leur mont à croupe jumelle Remontrant à leurs nourrissons, Pour réprimer leur hypozèle, N’allât leur dire en leurs leçons : Gardez-vous d’imiter Chapelle, Qui, pour vouloir à tire d’aile Suivre Moriez dans ses chansons,
Répandit son peu de cervelle Sur les bancs et sur les glaçons D’une mer où toujours il gèle, Et périt d’une mort cruelle Où périrent les Barentsons.
De plus, au temps d’un fier comète, N’appartient à tête bien faite Voler si haut, lorsque l’on peut Jouer en bas à cligne-musette. Maint prince déjà s’inquiète De sa queue en forme d’aigrette, Qu’à tort et qu’à travers il meut, La prenant pour une vergette Qui vient faire ici place nette. Moi, qui sais qu’au plus il ne pleut De son influence secrète Que bourse vuide et que disette, Je gagerois bien qu’il n’en veut Qu’à quelque malheureux poète. C’est donc pourquoi je me retire : Car sur rimeurs sans doute il tire, Et contre moi se fâcheroit, Au même instant qu’il me verroit Suivre en si haut genre d’écrire Celui qui seul le peut de droit, Tant pleinement Phébus l’inspire. Puis nous manque notre bras droit, L’abbé que chacun tant admire ;
Qui, comme à tous plaire il voudroit, Point n’est loisible au docte sire D’être long-temps en même endroit. Lui, qui sait Marot sur son doigt Et l’art d’épître en vers construire, Dans celle-ci vous eût su dire Tout ce que dire il vous faudroit.
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