French poem
Memoranda
by Charles Le Goffic (1863–1932)
Les jours lumineux de nos fiançailles, Les beaux jours que rien n’est venu ternir, Mon cœur, ô mon cœur, comme tu tressailles
À leur souvenir !
Ô la triste vie, ô la vie amère, Comme j’ai souffert avant ces jours-là ! Hélas ! à part toi, ma mère, ma mère,
Qui me consola ? Songes-y, mon cœur, ô cœur fier de battre, Songe à ce passé plein de désarroi. Les remords confus qui hantaient mon âtre,
Rappelle-les-toi !
Et toute ma vie et ses équivoques, Mes longues erreurs à travers l’amour, Il faut, ô mon cœur, que tu les évoques
Chacune à son tour.
Car elle a tout su des maux que tu caches, Un par un compté mes pas inquiets, Et tu serais, toi, le dernier des lâches
Si tu l’oubliais.