French poem
Neige blanche
by Charles Robinot-Bertrand (1747–1822)
Qu’elle est belle avec ses grands yeux, Ses yeux profonds, mystérieux Comme le ciel où se déplie L’ombre des soirs silencieux ! Un amour insensé me lie !
Neige blanche des hauts sommets, Son âme froide n’a jamais Compris les tourments de ma vie : O morts paisibles, désormais C’est à vous que je porte envie !
Ainsi je racontais mes maux Aux rochers, aux sombres rameaux, Éveillant la nuit endormie ; Et partout j’entendais ces mots : — Qu’elle est cruelle, ton amie !
Au bord du fleuve, au fond des bois, J’allais seul, & pleurant parfois, Sans rayon & sans poésie, J’allais errant, — lorsque sa voix !… Combien mon âme fut saisie !
Lorsque sa voix !… Souffles des cieux, Chœurs des Esprits harmonieux, Célébrez ma joie infinie, Dites le mot délicieux Par qui ma peine fut bannie !