French poem
Hortorum Deus
by Charles-Théophile Féret (1858–1928)
Crains un dieu de bois lourd et de colère gros. Si tu pilles la ruche, ou fais pleurer la gomme De ces pins, si tu mords la grappe, je t’assomme. Ces œillets sont promis aux tempes d’un héros.
Son beau sang a coulé : plus que des noirs chevreaux La terre avide a soif du sang des jeunes hommes. C’était hier, quand le Teuton menaçait Rome. Mais ce ciel tiède et fin nous demeure, et ce clos.
Pour le maître et son fils qui porte encor la bulle, Et m’honore déjà des rythmes de Tibulle, Je garde le verger aux flancs du mont Sabin.
L’hôte qu’envoie un dieu, l’hôte est sacré, qu’il entre. Mais au large, l’impie, et le fourbe, et l’aubain ! Priape, paysan et guerrier, frappe au ventre.