French poem
La Gavotte
by Charles-Théophile Féret (1858–1928)
Les moutons du Hameau par l’Idylle fondé Ont pour bergers Rohan, Montmorency, Condé. Un ballet pastoral groupe autour de cet axe : — Une laitière au nez impérieux — le clan Des ducs de porcelaine et des Marquises en Saxe.
On danse, sur un air de Grétry, la Gavotte De Céphise, et la Reine à ce pas est dévote, Car il veut des baisers, des bouquets de gala ; Si bien qu’Amour, passant, embarqué pour Cythère, Se croit au terme, et crie aux bateliers : « À terre, « Là ! »
Dépêchez-vous d’aimer, Belles. Dansez encor. La Terreur va ruer dans ce frêle décor Ses rhéteurs, les fourriers des assassins épiques. Lamballe, oh ! prends les bras de l’amour pour licou. Demain le Couperet. Doigts hideux sur ton cou ! Piques !
En ce parc d’opéra qui tremble aux airs de violes, Les Mégères viendront danser les carmagnoles. Au soufflet du bourreau répondront leurs clameurs. Joue et gorge de lys, Grâces Autrichiennes, Entendez-vous là-bas ce que hurlent ces chiennes ? — « Meurs ! »
Marraine du doux bransle, ô Marie Antoinette, Les nuits de lune, aux sons fêlés de l’épinette, Revenez-vous danser sur l’herbe à Trianon ? Dans la robe à bouquets des hautaines bergères Ressusciter l’antan des grâces bocagères ? — « Non ».