French poem
Nuit De Victoire
by Charles-Théophile Féret (1858–1928)
Du Vieux peintre avec son modèle
L’aurore s’étonnait que ruisselle un crin fauve Près de mon poil chenu sur le même oreiller. Or, Vénus qui me tint cette nuit éveillé Au quatorzième lustre a fleuri mon front chauve.
Ma vigueur a goûté, des défaillances sauve, Aprement cet amour, peut être le dernier! J’ai bu le sang des dieux sur un corps printanier. Qui sent la rose et fait un verger de l’alcôve.
Penché sur l’or moussu qui voile un antre frais, J’ai respiré l’automne et les rouges forêts, Où de l’aubier vivant s’étire la faunesse...
Ce n’est pas l’heure encor qu’à mes tempes de dieu Le déclin menaçant ma trop longue jeunesse Efface l’œillet pâle et cette rose feu!