French poem
Oscar Wilde dans la geôle de Reading
by Charles-Théophile Féret (1858–1928)
La haine déchire, Oscar Wilde, L’œillet de Brummel. Væ solis ! Où sont tes gemmes ? où tes Aldes ? Tityre fui d’Amaryllis, On t’a pris le soleil, les lys… Ta main — qu’on vantait à Capoue, — Épluche un vieux câble, et s’y troue, Mais te tisse un lin enchanté, Pauvre cœur de riche, où s’avoue La magnifique humilité.
Monarque des mots, Oscar Wilde, Verbe aux fers du Silence, lis Au mur de Force un nom de Skalde Qu’hier sacrait Cosmopolis. Comme aux Maisons-Dieu sur les lits, C’est ton mal de forçat qu’on cloue. Lave aux pleurs ton âme des boues. Sur ce tombeau numéroté Sculpte, aux traits du fier qu’on bafoue, La magnifique humilité.
Souffrir, c’est tout l’Art, Oscar Wilde. Il moule ses masques aux plis Tragiques sur les faces pâles d’ ? Angoisse ; et, s’il lui plaît, élit Villon, voleur, in vinculis ; Et tendrement baise à sa joue Le mau hâle, et — pendu — la moue. À ses élus la volupté Des hauts gibets, et sur la roue La magnifique humilité !
Par dessus le mur écoutez L’affre des rameaux dévastés, Comme une vie où le vent froue ! Ô douleurs captives, Beauté D’homme et d’arbre, où la mort dénoue La magnifique humilité.