French poem
Regret de Normandie
by Charles-Théophile Féret (1858–1928)
Je me promène seul sur un triste rivage, Mon Roumois regrettant et la paix des ravins. Qu’est-ce donc qu’ils chantaient, les beaux vers angevins : « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ! »
Est-il d’heureux départ loin de son héritage ? Maudit soit l’an, le mois, le jour, l’heure, où je vins Vers ce Paris, croyant à des ordres divins, Quand je pouvais rester poète de village.
J’eusse honoré le bien par l’épouse apporté ; Peut-être qu’un rayon eut doré mon été ; Mais si s’en fut allé mon vers en rêveries,
Le bonheur vaut la gloire. Après des jours sereins Je mêlerais mes os à l’herbeuse patrie, Au cimetière où dort mon peuple de marins.