Versos French Charles-Théophile Féret Vieillesse de poète

French poem

Vieillesse de poète

by (1858–1928)

Listen in the reader

L’âge va m’ébréchant, dent par dent, jour à jour, Et cheveu par cheveu m’épile de sa pince. Siège long et sournois ! — Un arc cruel et mince Décime mes espoirs paradant sur la tour.

Terrasses, d’où j’ai vu venir à moi l’Amour Sous la housse orfévrée et le manteau d’un prince, Adieu ! L’hiver durcit l’arrogante province Au pas de l’exilé, dont le souffle est plus court.

Je croise le dédain des Amantes ; qu’importe ? N’ai-je pas pour m’aimer encor mes chères Mortes, Qui baisent sans dégoût mes lèvres d’autrefois ?

Vers la mer ténébreuse irrué comme un fleuve, Si mon regret regarde en arrière je vois Les Muses rebâtir mon nom de briques neuves.