Versos French d'Orléans Charles Rondel

French poem

Rondel

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pour Monseigneur de Beaujeu.

Puisqu'estes de la contrarie D'Amours, comme monstrent voz yeulx, Vous y trouvez vous pis, ou mieulx? Qu'en dictes vous de telle vie? Souffler vous y fault l'alquemie, Ainsy que font jeunes et vieulx. Puisqu'estes, etc. D'Amours, etc.

Ne cuidez par nygromancye Estre invisible; se m'aist Dieux, On congnoistra, en temps et lieux, Comment jourez de l'escremye. Puisqu'estes, etc.

RONDEL.

(Orléans.)

Dedans l'amoureuse cuisine, Où sont les bons, frians morceaux, Avaler les convient tous chaulx, Pour reconforter la poictrine. Saulce ne faut, ne cameline, Pour jeunes appetiz nouveaulx. Dedans, etc. Où sont, etc.

Il souffist de tendre geline Qui soit sans os, ne vieilles peaulx, Mainssée de plaisans cousteaux, C'est au cueur vraye medicine. Dedans, etc.

RONDEL.

(Orléans.)

Où le trouvez vous en escript? Se dient à mon cueur mes yeulx, Que nous ne soyons vers vous tieulx Que devons, de jour et de nuyt. Se ne vous conseillon prouffit, Nous en croirez vous? nennil, Dieux. Où le trouvez, etc.

Quant rapportons quelque deduit Que nous avons veu en mains lieux, Prenez en ce qui vous plaist mieulx, L'autre lessez, est ce mau dit? Où le trouvez, etc.

RONDEL.

(Orléans.)

L'eaue de pleurs, de joye, ou de douleur, Qui fait mouldre le molin de Pensée, Dessus lequel la rente est ordonnée, Qui doit fournir la despense du cueur. Despartir fait farine de doulceur, D'avecques son de dure destinée. L'eaue, etc.

Lors le mosnier nommé Bon, ou Mal eur, En prent prouffit, ainsi que lui agrée; Mais Fortune souvent desmesurée Lui destourbe mainteffois, par rigueur. L'eaue, etc.

RONDEL.

(Orléans.)

En verray je jamais la fin De voz euvres? Merencolie, Quant au soir de vous me deslie. Vous me ratachez au matin; J'amasse mieulx autre voisin Que vous, qui si fort me guerrie. En verrai je, etc. De voz euvres, etc.

Vers moy venez en larrecin, Et me robez plaisance lie; Suis je destiné, en ma vie, D'estre tousjours en tel hutin. En verray je, etc.

RONDEL.

(Orléans.)

Soupper ou baing, et disner ou bateau, En ce monde n'a telle compaignie, L'un parle, ou dort, et l'autre chante, ou crie, Les autres font balades, ou rondeau. Et y boit on du viel et du nouveau, On l'appelle le desduit de la pie. Soupper ou baing, etc. En ce monde, etc.

Il ne me chault ne de chien, ne d'oiseau; Quant tout est fait, il fault passer sa vie Le plus aise qu'on peut, à chiere lie; A mon advis, c'est mestier bon et beau. Soupper ou baing, etc.

RONDEL.

(Orléans.)

Qu'est cela? c'est Merencolie. Vous n'entrerez ja; pourquoy? pour ce Que vostre compaignie acourse Mes jours, dont je foys grant folie. Se me chassez par chiere lie, Brief revendray de plaine course. Qu'est cela, etc. Vous, etc.

Il fault que raison amolie Vostre cueur, et plus ne se cource, Ainsi pourrez auroir ressource, Mais que vostre mal sens deslie. Qu'est cela, etc.

RONDEL.

(Orleans.)

En yver, du feu, du feu, Et en esté, boire, boire, C'est de quoy on fait memoire, Quant on vient en aucun lieu. Ce n'est ne bourde, ne jeu, Qui mon conseil vouldra croire? En yver, etc. Et en esté, etc.

Chaulx morceaux faiz de bon queu, Fault en froit temps, voire, voire, En chault, froide pomme, ou poire; C'est l'ordonnance de Dieu. En yver, etc.

RONDEL.

(Orléans.)

Ne cessez de tanser, mon cueur, Et fort combatre ces faulx yeulx Que nous trouvons, vous et moy, tieulx Qu'ilz nous font trop souffrir douleur. Estroictement commandez leur Qu'ilz ne troctent en tant de lieulx. Ne cessez, etc. Et fort, etc.

Et leur monstrez telle rigueur, Qu'ilz vous craingnent, car c'est le mieulx; Qu'ilz obeissent, se m'aist Dieux, A vous, vous monstrant leur Seigneur. Ne cessez, etc.

RONDEL.

(Orléans.)

Je ne voy rien qui ne m'annuye, Et ne scay chose qui me plaise; Au fort, de mon mal me rapaise, Quant nul n'a sur mon fait envye. D'en tant parler, ce m'est follie, Il vault trop mieulx que je me taise. Je ne voy, etc. Et ne scay, etc.

Vouldroit aucun changer sa vie A moy? pour essayer mon aise; Je croy que non, car plus mauvaise Ne trouveroit, je l'en deffie. Je ne voy, etc.