Versos French de Meun Jean Lxxxvii

French poem

Lxxxvii

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Comment les messagers agiles D'Amour, ambassadeurs habiles, A Vénus vinrent pour secours Quérir à l'ost du Dieu d'Amours,

De l'ost, munis de leurs messages, Ils s'orientent comme sages Et sont à Cythère venus, Là sont en grand honneur tenus. Cythère se dresse sereine Dedans un bois sur une plaine, Si haut, que nul arc, tant soit-il Grand et fort et l'archer subtil, N'y lancerait carreau ni flèche. Vénus, qui toutes dames prêche, De ce manoir toujours fleuri A fait son séjour favori. Si j'en voulais peindre tout l'être, Trop vous ennuîrais-je peut-être Et m'en pourrais vite lasser; Je vais donc brèvement passer. Vénus était au bois allée Pour chasser en une vallée[116b]; Avec elle était Adonis, Le plus cher de tous ses amis. Chasseur alerte, infatigable, De cœur aimant autant qu'aimable,

Enfès iert, jones et venans, 16329. Mès moult iert biaus et avenans: Midis estoit pieçà passés, Chascuns ert de chacier lassés. Sous ung poplier en l'erbe estoient Jouste ung vivier où s'ombroioient: Li chien qui las de corre furent, Tesgans où ru du vivier burent. Lor darz, lor arz et lor cuirées Orent delez eus apoiées: Jolivement se déduisoient, Et les oisillons escoutoient Par ces rainsiaus tout environ. Après lor gieux, en son giron Venus embracié le tenoit, Et en baisant li aprenoit De chacier où bois la maniere, Si cum ele en iert coustumiere.