Versos French de Meun Jean Xii

French poem

Xii

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Comment Narcisus se mira A la fontaine, et souspira Par amour, tant qu'il fist partir S'âme du corps, sans départir.

Si vit en l'iaue clere et nete Son vis, son nés et sa bouchete, Et cis maintenant s'esbahi; Car ses umbres l'ot si trahi,

Torturé fut encore un jour Et consumé du même amour, C'est-à-dire sans espérance, Pour qu'il eût enfin conscience Du deuil qu'a le loyal amant Qu'on rejette si vilement. A sa prière raisonnable, Dieu sut se montrer favorable Et voulut que Narcisse un jour S'en vint justement, de retour De la chasse, vers cette source, Fatigué d'une longue course, Chercher l'ombre sous le grand pin. Par monts, par vaux, dès le matin, Il courait le bois et la plaine; Exténué, tout hors d'haleine, Altéré par l'âpre chaleur, Il vit sous l'arbre protecteur La source vive et transparente. Pour étancher sa soif ardente Et tremper ses lèvres dans l'eau, Il se pencha sur le ruisseau.

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