Versos French Edmond Haraucourt L’Agonie du Soleil

French poem

L’Agonie du Soleil

by (1856–1941)

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La Terre est morte ; morts Uranus et Saturne ; Mars et Vénus, Pallas, Mercure et Jupiter, Tous morts : et dans l’effroi de leur route nocturne, Les spectres sidéraux gravitent sur l’éther.

Dans leur pâleur cendrée, ils gravitent encore, Rapprochant du soleil leurs cycles somnolents ; Et l’aïeul qui n’a plus l’espoir d’aucune aurore Sent le feu génital s’éteindre dans ses flancs.

Horreur ! Voici grouiller sur lui l’âpre vermine Des océans, des bois et des vivants furtifs : Un ennui moribond l’attarde ; il s’achemine, Et le vent frais l’endort dans des râles plaintifs.

Qu’ils sont loin, les soleils ! Comme c’est froid, les brises ! Et l’énorme mourant contemple avec mépris Le fantômal troupeau de ses planètes grises Qui tournent mornement autour d’un grand ciel gris.