French poem
L’Introuvable
by Edmond Haraucourt (1856–1941)
Je cherche l’introuvable et la suprême Amie, Chants et cœur de Sirène, âme et chants de Lamie, La chère, la très chère hypocrite aux yeux doux : Elle aime les fleurs d’or, l’éclat des faux bijoux, Et les fards qui la font plus blanche que l’albâtre ; Elle aime l’artifice imagé du théâtre, Et préfère au soleil la clarté des flambeaux ; Le miracle l’attire, elle a peur des tombeaux ; Triste parfois, lascive et chaste tout ensemble, Elle m’endort : l’odeur de son baiser ressemble
Au poison des lotus que la lune fleurit ; L’unique perfidie habite son esprit : Son geste est une embûche et sa caresse un piège ; Son rire est feint, sa voix parjure et sacrilège ; Chacun de ses regards est une trahison.
Mais c’est elle qui doit consoler ma raison, Car ma foi se réserve à l’Amie éternelle Qui mentira si bien qu’on pourra croire en elle.