French poem
Midi
Le soleil est brisé par les cristaux qu’il frappe.
Le fer à repasser a divisé la nappe En carrés si petits que, de loin, l’on croit voir Un immense damier qui n’aurait pas de noir. Chaises droites à clous. Demi-dossier à frange.
En saut de lit, sentant la civette et l’eau d’ange, Doralise est assise, et rêve, et n’a pas faim. Son doigt agace un bec d’aiguière. C’est en vain Que tu fumes, tortue, et que tu t’enjolives, Petit levraut rôti, de citrons et d’olives! Vague, elle fait la moue à chaque saupiquet.
Si pourtant à ce jeu Phylante se piquait? S’il devenait trop tendre?--Un corps de mauviette Craquotte entre ses dents.--Jetant sa serviette, Elle n’accepte plus qu’un peu de blanc-manger... (Non, ce jeu ne saurait devenir un danger!) Un peu de céleri glacé dans de la crème... (Et c’est assurément Tiridate qu’elle aime!) Et, rose, avec aux dents un vert fenouil confit, Sort de table.
Et soudain le plaisir que lui fit Une invitation de l’Illustre Marquise Lui revient en mémoire. Elle est, ce soir, admise Pour la première fois, enfin! chez Rambouillet. Car on s’en va souper aux champs, et le billet Porte qu’il faut d’abord que l’on se réunisse, Pour partir tous ensemble, à l’Hôtel d’Arthénice.
Alors, vite, appelant ses femmes d’un «holà!...»