French poem
La Horde bonapartiste
by Édouard d’Anglemont (1796–1876)
Après le deux décembre et la traîtrise immense Dont le César bandit couronna sa démence, Le croirez-vous, Français, on ose conspirer,
Pour jeter la patrie en proie au fils de l’homme Monstre en crime, plus grand que les Césars de Rome ! Gouvernement des loups, on veut te restaurer !
Qui veut faire hériter l’avorton du vampire ? Qui veut ressusciter cet exécrable empire, Dont Sedan a rompu les membres disloqués ?
Ce sont des malfaiteurs, des repris de justice, Qui veulent que leur nom encore retentisse, Qui se refont brigands pour être remarqués !
Eh bien donc qu’il en soit ainsi ! honte, infamie À ces machinateurs, dont la horde vomie Par l’or de Chislehurst nous travaille sans frein :
Qui vers notre ruine effrontément nous pousse, Que la France indignée et maudit et repousse, Et contre qui je lutte avec mes Voix d’airain !
C’est en vain qu’en leur antre ils menacent ma tête, Que leur tourbe me crie, en sa fureur : « Arrête : « Sinon, barde imposteur, ton jour est arrivé ;
« Sinon tu peux, serpent, faire venir un prêtre, « Notre bras devant Dieu te fera comparaître, « Le mot est dit : sur toi le poignard est levé ! »
Moi, poëte soldat, je battrais en retraite, Traître à la voix d’en haut dont je suis l’inteprète, Je ne remplirais pas ma sainte mission !
Qui, moi, je sortirais de cette noble arène Où ma foi de son feu m’illumine et m’entraîne ; Je m’anéantirais dans ma désertion !
Devant ces égorgeurs de notre pauvre France, Que Verhuel second plongea dans la souffrance, Que j’aime d’un amour invincible et fervent,
Qui, moi, mon glaive en main, retourner en arrière ! Jamais ! dût leur poignard me frapper par derrière, Car nul d’eux n’oserait me frapper par devant !