French poem
La Male Heure
by Édouard Dubus (1864–1895)
Les doux printemps d’illusion sont révolus : Au ciel, que les soleils ne glorifieront plus, Vois accourir, à la fanfare des rafales, Les galères de neige en foules triomphales.
Des ailes ont voilé d’un augural linceul Le refuge d’azur qui nous demeurait seul ; La désolation solitaire des grèves Envahit le jardin que fleurirent vos rêves.
Tout se déchire en de funèbres nudités : Les grands lis ingénus et les ferventes roses Sont partis à la bise en papillons moroses,
Le rire est mort dans les bosquets désenchantés, Où désormais retentira la voix sans leurre Du vain clocher d’espoir qui tinte la male heure.