Versos French Édouard Pailleron À une femme

French poem

À une femme

by (1834–1899)

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Oui, vous êtes charmante, Alice, et je vous aime, Vous, votre bouche rose et vos yeux étoilés, Et cela tout autant que vous m’aimez vous-même, Tout autant ! mais pas plus,… pas plus — si vous voulez.

Mon Dieu ! je vous comprends. Vous voudriez, madame, — Si vous êtes bien sage et si je le permets, — Avoir ce beau joujou que j’appelle mon âme… Ne pleurez pas, enfant, — vous ne l’aurez jamais.

Jamais vous ne l’aurez, l’âme altière et farouche ! Sur vos deux petits pieds dressez-vous comme il faut ; Vos blanches mains peut-être iront jusqu’à ma bouche, Mais non jusqu’à mon cœur, ma chère, — il est trop haut !

Lui-même il s’est rivé sur un roc, dans l’espace, Là-haut, plus haut encor, dans le haut firmament ! Triste et fier, il attend l’ange qui, lorsqu’il passe, Brise d’un glaive d’or les clous de diamant !