Versos French Édouard Pailleron Mélancholia

French poem

Mélancholia

by (1834–1899)

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De tes yeux qui s’ouvrent à peine Des larmes emperlent les cils. Autant de jours, autant d’exils ! Pauvre enfant, c’est d’où vient ta peine. De ton matin c’est la rosée ; Pleure, la plante du malheur Pour fleurir veut être arrosée. La vie, enfant, est la douleur.

Qu’a-t-elle fait de ta pensée, Cette femme aux baisers ardens ? Ton cœur a séché sous ses dents, Sa cendre aux vents est dispersée. Ton bonheur a fui goutte à goutte. L’âme sans foi, les yeux sans pleur, Raille, souffre, maudis et doute ! L’amour, jeune homme, est la douleur.

Ne regarde pas en arrière, Marche ! le vent sèche les yeux. Ta vie est bien pleine d’adieux, N’importe ! Longue est la carrière. Chaque adieu, c’est une conquête. Marche, sublime bateleur, Sang au côté, pourpre à la tête ! Le génie, homme, est la douleur.

Mais toi qu’enfin le temps délivre, Ris ton rire innocent et doux, Vieillard ; bientôt, plus tôt que nous Tu vas être guéri de vivre. Souris à ta vie écoulée, Comme le soleil des coteaux Sourit le soir à la vallée. La mort, vieillard, est le repos.