Versos French Émile Debraux La Colonne

French poem

La Colonne

by (1796–1831)

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O toi, dont le noble délire Charma ton pays étonné, Eh quoi ! Déranger, sur ta lyre, Mon sujet n’a pas résonné ! Toi, chantre des fils de Bellone, Tu devrais rougir, sur ma foi. De m’entendre dire avant toi : Français, je chante la Colonne. Salut, monument gigantesque. De la valeur et des beaux arts ; D’une teinte chevaleresque Toi seul colore nos remparts. De quelle gloire t’environne Le tableau de tant de hauts faits. Ah ! qu’on est fier d’être Français Quand on regarde la Colonne. Avec eux la gloire s’exile, Osa-t-on dire des proscrits ; Et chacun vers le champ d’asile Tournait ses regards attendi-is. Malgré les i-igueurs de Bellone, La gloire ne peut s’exiler, Tant qu’en France on verra briller Des noms gravés sur la Colonne. L’Europe qui, dans ma patrie. Un jour pâlit à ton aspect, En brisant ta tête flétrie. Pour toi conserva du respect. Car des vainqueurs de Babylone, Des héros, morts chez l’étranger, Les ombres, pour la protéger. Planaient autour de la Colonne. Anglais, fier d’un jour de victoire, Par vingt rois conquis bravement, Tu prétends, pour tromper l’histoire, Imiter ce beau monument. Souviens-toi donc, race bretonne : Qu’en dépit de tes factions. Du bronze de vingt nations Nous avons formez la Colonne. Et vous, qui domptiez les orages. Guerriers, vous pouvez désormais Du sort mépriser les outrages, Les héros ne meurent jamais. Nos noms, si le temps nous moissonne, Iront à la postérité ; Vos brevets d’immortalité Sont burinés sur la Colonne. Proscrits, sur l’onde fugitive Cherchez un destin moins fatal : Pour moi, comme la sensitive, Je mourrais loin du sol natal ! Et si la France, un jour m’ordonne De chercher au loin le bonheur, J’irai mourir au champ d’honneur. Ou bien au pied de la Colonne.