Versos French Émile Debraux Le P’tit Mimile

French poem

Le P’tit Mimile

by (1796–1831)

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J’apprends, mon p’tit Mimile, Qu’tes palfrenier du roi : Pers’onn’ dans notre ville, N’sait pas plus c’que c’est qu’moi. C’est sans dout’ queuqu’emploi Bourgeois ou militaire. Au surplus, ça n’nous r’garde pas : Mon fieu, tu f’ras Comm’ tu voudras. Nous n’te tourmenterons guère. J’te l’dirai sans rancune. Je m’ doutais qu’ par là-bas T’avais fait ta fortune. Car tu n’écrivais pas. Après tant d’embarras, Pis qu’ t’es tiré d’affaire : Envoi-nous un millier de ducats. Ensuite lu f’ras, etc. Etc., etc. Ton père, que ta lettre A contenté beaucoup, Veut qu’ tu y envoi’ d’ quoi s’ mettre Dans les vign’s jusqu’au cou ; Mais n’ te gên’ pas pour ça, Y n’ boit pas fort ton père, Un tonneau d’ Bourgogn’ suffira, Ensuite tu f’ras, Etc., etc. Ton oncle l’ garde chasse Commence à bien s’user ; Ta tante Boniface Dit qu’i n’ sait plus viser. Tu sais que son grand papa D’ l’Etat fut pensionnaire : Fais-lui rendre c’te pension-là ; Ensuite, tu f’ras Etc., etc. Ton filleux, Fanfan 1’ bête, Est un grand garnement, Dans l’ cas de tenir tête A tout un régiment. Puisque c’ chien d’enfant-là A l’ goût du militaire. D’un’ épaulette y s’contentera ; Ensuite, tu f’ras Etc.. etc. Ton cousin, l’ grand Giraffe, Va tout droit a son but, Y sait d’jà l’ostographe Et l’ ba, be, bi, bo, bu. Y en a d’ pus bêt’ que ça Dans l’ nouveau ministère : Mais c’est égal, pouss’ le par là ; Ensuite, tu f’ras Etc., etc. Quand au cousin Bâtisse Y n’ manqu’ra pas d’emploi, Car il est royalisse Encor’ plus que le roi ; Pour n’ pas s’ battr’ y s’ cacha Pendant la dernière guerre. Y n’demande que la croix pour ça ; Ensuite, tu fras Etc., etc. Maintenant chaque dimanche Ton parrain Tournesol, Porte un’ cocarde blanche Larg’ comme un parasol. Depuis vingt ans il a Vingt fois changé d’ bannière, Faut qu’ tu l’ fass’ jug’ de paix c’ti-là ; Ensuite, tu fras Etc., etc. Y faudrait pour bien faire Qu’ ton oncl’ Jean soit juré, Qu’ not’ bedeau soit vicaire, Qu’ not’ vicaire soit curé. Pour finir c’t'articl’-là. Enfin qu’ ton pèr’ soit maire, L’ reste du village attendra ; Ensuite, tu fras C’que tu voudras Nous n’ te tourmenterons guère.