French poem
Sabbat
by Émile Sicard (1878–1921)
Comme d’un tambour de basque Les trois sorcières du Rhin Dans le vent et la bourrasque Jouent du désespoir humain.
La première dit : « Les cendres Montent plus haut que ma tour. » La seconde qui vit pendre, Aux ormeaux des carrefours
Des enfants à la mamelle Rit si fort que, dans la nuit, Se brisent sur les margelles Les amphores des vieux puits.
La troisième est toujours ivre Et ses doigts de chat-huant Nattent ses cheveux de cuivre Alourdis de trop de sang.
C’est le sabbat de la guerre, L’Empereur est courroucé. Sur les Vosges, les sorcières Recommencent à danser.
Macbeth pince la guitare, La chouette hullule encor, Et Salomé joue aux barres Avec des têtes de morts.