Versos French Émile Sicard Yseult

French poem

Yseult

by (1878–1921)

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Yseult, sur ton balcon du Rhin Entouré d’un vitrail gothique, Tes grands yeux bleus cherchent sans fin Les chères ombres romantiques.

Gœthe s’est tu, Wagner est mort. Ton livre tombe avec leur gloire ; Le beau fleuve noie ses accords, Le vent crispe la Forêt Noire.

Les jeunes princes, tes amants, Ne t’ont laissé pour héritage Que leur glaive trempé de sang, Que la haine de leur courage.

Fini ton rêve ! À ton fuseau La laine blanche s’est brouillée. Contre la soie de tes rideaux La détresse s’est éveillée.

Sur les mélodies de Schubert Ton cœur tremble, ta joie vacille. Ô ces poupées de Nuremberg Dans tes mains de petite fille !

Plus rien qu’un éternel sanglot Sur tes rivages et tes plaines. Les cadavres montent plus haut Que le regard qui les enchaîne.

L’espoir muet de tes bras nus En vain veut enlacer la vie, Yseult, il ne te reste plus Qu’à choisir le sort d’Ophélie.