French poem
Zeppelin
by Émile Sicard (1878–1921)
La servante apeurée fait son lit dans la cave Et le maître d’hôtel Agite sa serviette et reprend son air grave. Sur la place, le ciel
Est plein d’étoiles. Belle nuit d’incertitude ! Les zeppelins sont annoncés. Les Pavillons sourient à la triste habitude De se savoir trop menacés.
Ronsin, vêtu de bleu, chante. Au « Lapin agile » Il envoie l’âme de Nancy. Tout s’éteint. Dans la nuit roule une automobile… Campbell qui trouve le wisky
De chez Walter digne des bars de la Tamise Fume sa pipe en récitant Des vers de lord Byron. L’heure sonne à l’église Mystérieuse de Saint Jean.
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Suis-je mort ? Sur mon oreiller Je m’accoude. Allumez les lampes ! Dans le ciel un grand fuseau rampe. Quatorze obus m’ont réveillé.
Bruits de couloirs… L’hôtel palpite. On se lève. « — L’avez-vous vu ? — Madame, il est passé trop vite. » Le zeppelin a disparu.
Vers la route de Lunéville. Saint Nicolas, protégez-nous ! Un éclat d’acier a tranché le cou D’un garçon de café. La ville
Se dore du soleil levant. Les troupes vont à leur besogne, Et les aviateurs couronnent dans le vent La statue du roi de Pologne.