French poem
44 (Dans ma lettre, ô ma sœur…)
by Émile Trolliet (1856–1903)
Dans ma lettre, ô ma sœur, j’ai mis ses violettes, Tristes comme l’hiver et comme mon exil ; De Nivôse ce sont les frileuses fillettes, Dont le pollen glacé mourra sans voir Avril.
Et pourtant sur ces fleurs aux pâles collerettes, Penchez-vous… et pour vous leur fidèle pistil, Comme un vase mystique aux profondeurs secrètes, Donnera son parfum persistant et subtil.
Tel, mon cœur solitaire a des places fanées Par de longues douleurs et les longues années, Et d’un froid hivernal il paraît engourdi ;
Mais penchez-vous plus bas, allez jusqu’à mon âme, Ô bien aimée, et dans ce cœur mal refroidi, De l’immortel Amour reconnaissez la flamme.