French poem
I
On dirait que le site entier sous un lissoir Se lustre et dans les lacs voisins se réverbère; C'est l'heure où la clarté du jour d'ombres s'obère, Où le soleil descend les escaliers du soir.
Une étoile d'argent lointainement tremblante, Lumière d'or, dont on n'aperçoit le flambleau, Se reflète mobile et fixe au fond de l'eau Où le courant la lave avec une onde lente.
A travers les champs verts s'en va se déroulant La route dont l'averse a lamé les ornières; Elle longe les noirs massifs des sapinières Et monte au carrefour couper le pavé blanc.
Au loin scintille encore une lucarne ronde Qui s'ouvre ainsi qu'un oeil dans un pignon rongé: Là, le dernier reflet du couchant s'est plongé, Comme, en un trou profond et ténébreux, la sonde.
Et rien ne s'entend plus dans ce mystique adieu, Rien--le site vêtu d'une paix métallique Semble enfermer en lui, comme une basilique, La présence muette et nocturne de Dieu.