Versos French Emile Verhaeren Légendes

French poem

Légendes

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Les grands soleils cuivrés des suprêmes automnes Tournent éclatamment dans un carnage d'or; Mon coeur, où les héros des ballades teutones Qui cornaient, par les bois, les marches de la Mort?

Ils passaient par les rocs, les campagnes, les havres, Les burgs--et brusquement ils s'écroulaient, vermeils, Saignant leurs jours, saignant leurs coeurs, puis leurs cadavres; Passaient dans la légende, ainsi que des soleils.

Ils jugeaient bien et peu la vie: une aventure; Avec un mors d'orgueil, ils lui bridaient les dents; Ils la mâtaient sous eux comme une âpre monture Et la tenaient broyée en leurs genoux ardents.

Ils chevauchaient fougueux et roux--combien d'années? Crevant leur bête et s'imposant au Sort; Mon coeur, oh, les héros des ballades fanées, Qui cornaient, par les bois, les marches de la Mort!

(1888)