French poem
Ce qui revit
by Émilienne d’Alençon (1870–1945)
On a beau verser des larmes, Le soleil luit aux carreaux. Il a de si puissants charmes, Qu’il fait des bonheurs nouveaux Avec les anciennes larmes.
Ce qu’on croyait éternel Disparaît en quelques heures. Le clair matin nous effleure, Avec un peu de son ciel… Et plus rien n’est éternel.
Si l’on s’en va dans la rue, Sous la splendeur de l’été, Mille formes apparues, Offrent leur diversité Si l’on s’en va dans la rue,
On rencontre des visages Qui vous paraissent très doux, Et l’on voit des paysages Pour de futurs rendez-vous Charmer de nouveaux visages.
Quel mystère est dans les yeux ? Que de baisers, que de songes ! Que de retours ; que d’adieux Paraissent dans le mensonge Et le mystère des yeux.
Que la vie est riche et belle, Les matins ensoleillés, Lorsque l’esprit a des ailes, Lorsque l’on sait oublier ! Que la vie est riche et belle !