French poem
L’Angelus
by Éphraïm Mikhaël (1866–1890)
Dans le noir sillon solitaire Tout le jour nous avons lutté : Mais le soir sacre de clarté La plaine soudain plus austère.
Nous rêvions — nous, gens de la terre ! — Vous, récolte, et moi, volupté. Un brusque angelus a tinté Qui nous trouble de son mystère.
Comme vous, je joins pour prier Mes mains de terrestre ouvrier… Mais peut-être nos cœurs serviles,
Même en ce soir religieux, Gardent l’amour des glèbes viles Et la peur de songer aux cieux.