Versos French Étienne Eggis La Vieille romance

French poem

La Vieille romance

by (1830–1867)

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Connais-tu la romance Qui fait toujours pleurer, Que le cœur recommence Sans se désespérer ?

Carl aimait Madeleine : Il eût baisé ses pas ; Il buvait son haleine : — Elle ne l’aimait pas.

Elle aimait un beau pâtre Qui passait sans la voir ; Et souvent, près de l’âtre, Elle pleurait le soir.

Le pâtre en la vallée Avait mis son amour ; Son âme désolée Gémissait nuit et jour ;

Car son amour immense N’était pas partagé, Et parfois la démence Brûlait son sang figé.

Et tous, pâles et sombres, Ils allaient par les champs, Quand la nuit met ses ombres Sur les coteaux penchants ;

Ils erraient, solitaires, Sans oser espérer ; Et les chênes austères Les regardaient pleurer.

Et quand la mort sordide À leurs yeux vint s’offrir, Chacun croyait, candide, Être seul à souffrir.

Oh ! la vieille romance Qui fait toujours pleurer ; Que le cœur recommence Sans se désespérer.