French poem
Entretenus à nos frais
by Eugène Pottier (1816–1887)
Tous ces bonshommes-là, c’est autant d’escarcelles. À remplir, travailleurs ! Dans leur instinct de sacs, Ils ont horreur du vide, et nous payons leurs fracs, Leurs gants, leurs bain-de-mer, leurs catins et leurs selles.
Dans la corruption plongés jusqu’aux aisselles, Sont-ils préfets à poigne, ils servent les micmacs De nos gouvernements de trucs et de ficelles : La classe dirigeante a produit ces réacs.
Ô paons de basse-cour, nullités cravatées, Faiseurs, beaux fils, mangeurs de soupes apprêtées, Certes, vous coûtez gros et ne valez pas cher !
Ô misère ! Et tu prends, toi, peuple qui travailles, Le pain des tiens, leur sang, leur cerveau, leurs entrailles, La moelle de leurs os, pour tous ces happe-chair !