French poem
Le Moblot
by Eugène Pottier (1816–1887)
Jeunesse héroïque, Arme ton flingot. Pour la République En avant, moblot !
Le maire et le garde champêtre Disaient : Les rouges sont des loups. Vous, moutons, ne songez qu’à paître. Notre berger veille sur nous.
Jeunesse héroïque, Arme ton flingot. Pour la République En avant, moblot !
Notre berger n’était qu’un lâche. Le vieux Judas nous a trahis. La République a pris sa tâche ; On va détendre le pays.
Jeunesse héroïque, Arme ton flingot. Pour la République En avant, moblot !
La République, c’est nous autres. Les richards et les indigents, Tous ceux qui s’arment sont des nôtres : Les gens braves, les braves gens !
Jeunesse héroïque, Arme ton flingot. Pour la République En avant, moblot !
Nous n’étions rien dans ces querelles. Après Sedan, c’était réglé. Pourquoi, comme des sauterelles, Fondent-ils sur nos champs de blé ?
Jeunesse héroïque, Arme ton flingot. Pour la République En avant, moblot !
Si nos villes leur sont soumises, Si ces casqués sont les plus forts, Ils prendront nos sœurs, nos promises. Ah ! ce jour-là nous serons morts.
Jeunesse héroïque, Arme ton flingot. Pour la République En avant, moblot !