French poem
Les Bêtes féroces
by Eugène Pottier (1816–1887)
Je vis à l’Hippodrome un dompteur et son fauve, C’était un lion roux, l’œil injecté de sang, Sa gueule rouge ouvrait un antre menaçant : Le dompteur reposait sa tête en cette alcôve.
Je vis à la tribune un monsieur bien pensant, Sénateur, marguillier, propriétaire et chauve ; Sa spécialité : soutien de l’ordre ! il sauve !! Blanc cravaté du reste et le débit cassant :
« Pour sauver la famille et la foi de nos pères » Et la propriété ! ! votons des lois sévères, » Extirpons sans pitié l’élément corrupteur ! »
De tous les carnassiers c’est le plus réfractaire : On peut apprivoiser lion, tigre ou panthère, On n’apprivoise pas un vieux conservateur !