Versos French Eugène Rambert Lioba

French poem

Lioba

by (1830–1886)

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D’où nous vient-il, ce vieux refrain. Qui fait pleurer, qui fait sourire ? D’où nous vient-il, que veut-il dire. Ce ranz naïf, grave et serein, Lioba, lioba ?

Voix des bergers, voix des abîmes. Voix des torrents, des rocs déserts, Il vient à nous du haut des airs. Comme un écho des blanches cimes. Lioba, lioba !

Sur l’Alpe aux flancs vertigineux Il flotte dans l’air qu’on respire ; Aux forêts le vent le soupire. Et les monts se disent entre eus Lioba, lioba !

Dans cette idylle douce et fière La Liberté nous a souri. Combien de fois le cor d’Uri A-t-il sonné sur la frontière Lioba, lioba !

Exilés sous d’autres climats. Regrettons-nous l’Alpe fleurie ? Ce vieux refrain, c’est la patrie Qui nous suit, chantant sur nos pas : Lioba, Lioba !

Dans les douleurs de l’agonie, De Sempach le héros vainqueur L’écoutait au fond de son cœur Eclater en flots d’harmonie Lioba, lioba !

Voix de courage, voix d’amour, Au timbre fort, joyeux et tendre, Nos fils aussi sauront l’entendre Et l’accompagner à leur tour. Lioba ! lioba !

Laissons à d’autres les chimères, Gloire, grandeurs, tristes appas ! Le seul bien qui ne lasse pas, Nous l’avons reçu de nos pères. Lioba, lioba !

La liberté simple et sans fard, Suisse, voilà ton apanage ! Garde-la pure d’âge en âge, La liberté du montagnard. Lioba, lioba !

Pour dominer l’orchestre immense Dans le concert des nations, Il faut des hautes régions Qu’au ciel toujours ce chant s’élance : Lioba, lioba !