French poem
Folie blonde
by Félicien Champsaur (1858–1934)
Maîtresse, tu naquis à la clarté lunaire ; « l’astre pervers donna de ses rayons afin « d’en former tes cheveux et le reste, où ma faim « de ta caresse fauve, est comme dans une aire.
« Mie aux cheveux si blonds que c’est de la lumière, « ma rousse volupté, Reine au casque d’or fin, « si tu fuis, de ma vie, oh ! ce sera la fin ! « Mon désir, loin de toi, la nuit, sous la lune, erre
« ainsi qu’un insensé. Blonde, par qui je veux « mourir de pâmoison, ma bouche en tes cheveux, « sans doute la brune est une blonde ratée.
« Que mon amour leur semble à la lune pareil, « pour vos charmes divins, mais noirs, je suis athée, « corps bruns, avant l’hymen, baisés par le soleil ! »