Versos French Félicien Champsaur Le bal des roses

French poem

Le bal des roses

by (1858–1934)

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La maison est charmante, et vaste le jardin. On est en mai. Partout des fleurs, partout la sève, et la terre, à l’éveil, semble sortir d’un rêve. On est en mai. On est en mai.Le vent souffle et pleure soudain.

Venant du nord-ouest, il paraît anodin, puis il s’enfle. Aux taillis de roses il enlève pétales et pistils. Il tempête sans trêve et défait ce que fit Avril incarnadin.

Toute fleur effeuillée entre, en plein, dans la danse, tournoyant au mistral qui donne la cadence, et plus d’une périt dans ce bal attristant.

La maison, très tranquille, a les fenêtres closes. Un bruit, de là, s’envole. On dirait qu’on entend un air mêlant ses sons au tourbillon des roses.