Versos French Félix Milliet À Némésis

French poem

À Némésis

by (1811–1888)

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Viens, Némésis, déesse vengeresse, Toi qui punis tous les êtres pervers Que de nouveau ton fouet sanglant se dresse ; À l'œuvre, à l'œuvre, ô fille des enfers ! Ne vois-tu pas ces phalanges altières De criminels qu'il faut épouvanter ? Allons, refais des nœuds à tes lanières, Il est toujours des méchants à fouetter.

Vit-on jamais déborder sur la France Plus d'infamie et de corruption, Jamais poltrons montrer tant d'arrogance, Jamais faquins plus fière ambition ? Jamais enfin, sortant des jésuitières, Tant de hiboux le soleil affronter ? Allons, refais des nœuds à tes lanières, Il est toujours des fourbes à fouetter.

Contraste affreux, digne de nos tristesses, Iniquité, honte du genre humain ! Vois ces palais regorgeant de richesses Près des taudis où l'on crève de faim. Pour les petits les lois sont des barrières, Mais par-dessus les grands peuvent sauter. Allons, refais des nœuds à tes lanières, Il est toujours des maîtres à fouetter.

Mais c'est en vain que traîtres et despotes, Se ligueront contre la liberté ; Oui, nous verrons leurs soldats et leurs flottes Fondre au soleil de la Fraternité. Plus de tyrans ! Les peuples seront frères, Alors, alors ils pourront répéter : Va, Némésis, jette loin tes lanières, Car il n'est plus de méchants à fouetter.