French poem
N’es-tu qu’un rêve ?
by Félix Milliet (1811–1888)
Ignorance, fléau du monde, À ton joug on veut nous plier ; Aux traits de la presse féconde Le fisc oppose un bouclier. Le droit de penser et d’écrire Dans son essor est arrêté ; Bientôt l’on ne pourra plus lire : N’es-tu qu’un rêve, ô liberté !
De tout républicain sincère Faisant un vil conspirateur, Chaque journal du ministère Se transforme en accusateur. Déjà commencent les poursuites… Puis, on met l’Université Sous l’éteignoir des bons Jésuites, N’es-tu qu’un rêve, ô liberté !
Au travailleur, au prolétaire, On remet le bât sur le dos, Loin de soulager la misère, On forge de nouveaux impôts. Et le peuple, qui sert d’enclume, Voyant son espoir avorté, Redit, hélas ! plein d’amertume : N’es-tu qu’un rêve, ô liberté !