French poem
Les dimanches
by Francis Jammes (1868–1938)
Les dimanches, les bois sont aux vêpres. Dansera-t-on sous les hêtres ? Je ne sais… Qu’est-ce que je sais ? Une feuille tombe de la croisée… C’est tout ce que je sais…
L’église. On chante. Une poule. La paysanne a chanté, c’est la fête. Le vent dans l’azur se roule. Dansera-t-on sous les hêtres ? Je ne sais pas. Je ne sais.
Mon cœur est triste et doux. Dansera-t-on sous les hêtres ? Mais tu sais bien que, les dimanches, les bois sont aux vêpres. Penser cela, est-ce être poète ? Je ne sais pas. Qu’est-ce que je sais ? Est-ce que je vis ? Est-ce que je rêve ? Oh ! ce soleil et ce bon, doux, triste chien… Et la petite paysanne à qui j’ai dit : vous chantez bien…
Dansera-t-elle sous les hêtres ? Je voudrais être, voudrais être celui qui lentement laisse tomber, comme un arbre ses baies, sa tristesse pareille, sa tristesse pareille aux bois qui sont aux vêpres.