Versos French Francis Vielé-Griffin Carmen Perpetuum : Prélude

French poem

Carmen Perpetuum : Prélude

by (1864–1937)

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L’aurore impériale et sa pourpre ont passé ; Voici le chant des bois et la rumeur des plaines Et le printemps mêlant ses sons et ses haleines Grise d’amour mon âme éprise du passé.

L’herbe est joyeuse et vers le fleuve qui dévie Majestueux et lent aux horizons perdus S’élèvent des murmures doux, comme entendus Par de là l’autre hiver, et par de là ma vie…

Ainsi qu’en ce matin d’avril prestigieux, Humant la volupté des Choses surhumaines, Je suis, inconscient, le sentier où tu mènes Mon être vers un but inconnu de tous deux ;

Ainsi j’ai bu l’amour à tes lèvres diverses Dès l’aurore première et dès l’éternité ; Et jusqu’en cet avril où rit la nudité J’ai tendu le cratère aux baisers que tu verses ;

Nos aveux oubliés me sont comme un remords, Et j’ai suivi l’écho mystérieux des rires ; Et dans mes yeux émerveillés ou tu te mires S’est reflété l’éclat perdu des soleils morts.