French poem
« Perdez, froissez, tuez cette âme vagabonde »
by François Béroalde de Verville (1556–1626)
Perdez, froissez, tuez ceste ame vagabonde, Qui delaissant ce jour cherche vostre manoir, O puissances d’embas si vous avez pouvoir, Sur les captifs d’amour qui desdaignent ce monde ?
Vous esprits qui tousjours allez faisant la ronde A l’entour de nos cœurs, taschant nous decevoir, Employez les secrets de tout vostre sçavoir, Pour mettre en mon esprit une peine seconde.
Fuyez esprits fuyez, vostre mort, vostre horreur, Ploye sous les efforts de l’aveugle fureur Qu’excite dans le sang une rage amoureuse.
Tout vostre vain pouvoir n’a pouvoir sur l’amour, Je veux donq’ encor voir les douceurs de ce jour,
Flattant en mon malheur ma vie malheureuse. Jadis Saint-Amant, par caprice. Ouvrons les yeux à gauche, à droit,
Mit Rome en son plus vilain jour ; Que tout passe par l’étamine !
J’en veux à Paris à mon tour : N’épargnons ni places ni lieux.
Muse, ne fais point la Novice ; N’épargnons palais ni cuisine,
Mettons-nous dans un bon endroit, N’épargnons ni Diables ni Dieux.