French poem
Au lion de Belfort
by François Coppée (1842–1908)
Si je gravais des vers sur ton socle de pierre, Certes, j’exalterais tes combats glorieux, Ô monstre colossal, qui, seul victorieux, Seul peux montrer les crocs et froncer la paupière !
Je dirais qu’on t’a vu, jusqu’à l’heure dernière, Fauve géant, qui fus digne des fiers aïeux, Rejeter loin de toi, sanglant et furieux, L’assaut des cent chacals pendus à ta crinière.
Mais je voudrais encore ajouter : Grand lion, Symbole de colère et de rébellion, D’un moins sombre avenir tu nous es l’assurance.
Attends, sois, comme tous, patient et muet ; Mais, si la haine sainte en nous diminuait, Rugis pour rappeler son devoir à la France !