Versos French François Coppée Orgueil d’aimer

French poem

Orgueil d’aimer

by (1842–1908)

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Hélas ! la chimère s’envole Et l’espoir ne m’est plus permis ; Mais je défends qu’on me console.

Ne me plaignez pas, mes amis : J’aime ma peine intérieure Et l’accepte d’un cœur soumis.

Ma part est encor la meilleure Puisque mon amour m’est resté ; Ne me plaignez pas si j’en pleure !

À votre lampe, aux soirs d’été, Les papillons couleur de soufre Meurent pour avoir palpité ;

Ainsi mon amour, comme un gouffre, M’entraîne, et je vais m’engloutir ; Ne me plaignez pas si j’en souffre !

Car je ne puis me repentir, Et dans la torture subie J’ai la volupté du martyr ;

Et s’il faut y laisser ma vie, Ce sera sans lâches clameurs. J’aime ! j’aime ! et veux qu’on m’envie.

Ne me plaignez pas si j’en meurs !