French poem
05
Cette Anne si belle Qu’on vante si fort, Pourquoi ne vient-elle ? Vray’ment elle a tort !
Ce divin Malherbe, Cet esprit parfait. Donnez-luy de l’herbe, N’a-t-il pas bien fait ?
Cela se peut facilement,
Cela ne se peut nullement.
Ce brave Malherbe Qu’on tient si parfait. Donnez-lui de l’herbe, Car il a bien fait.
Qu’autres que vous soient désirées, Qu’autres que vous soient adorées, Cela se peut facilement. Mais qu’il soit des beautés pareilles A vous, merveille des merveilles, Cela ne se peut nullement.
Etre six ans à faire une ode, Et faire des lois à sa mode, Cela se peut facilement : Mais de nous charmer les oreilles Par sa merveille des merveilles, Cela ne se peut nullement.
Lui qui se redressait comme un serpent dans l’herbe, Pour une balourdise échappée à Malherbe, Et qui poussa l’oubli de tout respect humain Jusqu’à daigner rosser Berthelot de sa main !
Avoir quatre chaussons de laine Et trois casaquins de futaine, Cela se peut facilement ; Mais de danser une Bourrée, etc. … Cela ne se peut nullement.
Que d’épines, Amour, accompagnent tes roses ! Que d’une aveugle erreur tu laisses toutes choses A la mercy du sort ! Qu’en tes prospérités à bon droit on soupire ! Et qu’il estmal-aysé de vivre en ton Empire Sans désirer la mort !