French poem
Dessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesses
Beauté, mon beau souci, de qui l’âme incertaine A, comme l’océan, son flux et son reflux, Pensez de vous résoudre à soulager ma peine, Ou je me vais résoudre à ne la souffrir plus.
Vos yeux ont des appas que j’aime et que je prise, Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté ; Mais pour me retenir, s’ils font cas de ma prise, Il leur faut de l’amour autant que de beauté.
Quand je pense être au point que cela s’accomplisse, Quelque excuse toujours en empêche l’effet ; C’est la toile sans fin de la femme d’Ulysse, Dont l’ouvrage du soir au matin se défait.
Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire De me l’avoir promis et vous rire de moy. S’il ne vous en souvient, vous manquez de memoire, Et s’il vous en souvient, vous n’avez point de foy.
J’avois tousjours fait compte, aimant chose si haute, De ne m’en separer qu’avecque le trespas ; S’il arrive autrement, ce sera votre faute, De faire des sermens et ne les tenir pas.
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