French poem
Les Sybilles, sur la fête des alliances
la sybille persique Que Bellone et Mars se détachent, Et de leurs cavernes arrachent Tous les vents des seditions ; La France est hors de leur furie Tant qu’elle aura pour alcyons L’heur et la vertu de Marie.
la lybique Cessé, Pò, d’abuser le monde ; Il est temps d’oster à ton onde Sa fabuleuse royauté. L’Arne, sans en faire autres preuves, Ayant produit cette beauté, S’est acquis l’empire des fleuves.
la delfique La France à l’Espagne s’allie ; Leur discorde est ensevelie. Et tous leurs orages finis. Armes du reste de la terre, Contre ces deux peuples unis Qu’estes-vous que paille et que verre ?
la cumée Arrière ces plaintes communes, Que les plus durables fortunes Passent du jour au lendemain ; Les noeux de ces grands hyménées Sont-ils pas de la propre main De ceux qui font les destinées ?
l’erithrée Taisez-vous, funestes langages, Qui jamais ne faittes presages Où quelque malheur ne soit joint ; La discorde icy n’est meslée. Et Thetis n’y soupire point Pour avoir espousé Pelée.
la samiene Roy que tout bon-heur accompagne, Voy partir du costé d’Espagne Un soleil qui te vient chercher. Ô vrayment divine avanture, Que ton respect fasse marcher Les astres contre leur nature !
la cumane Ô que l’heur de tes destinées Poussera tes jeunes années A de magnanimes soucis, Et combien te verront épandre De sang des peuples circoncis Les flots qui noyerent Leandre !
l’helespontique Soit que le Danube t’arreste, Soit que l’Euphrate à sa conqueste Te face tourner ton desir, Treuveras-tu quelque puissance À qui tu ne faces choisir Ou la mort, ou l’obeïssance ?
la phrygienne Courage, Reyne sans pareille : L’esprit sacré qui te conseille Est ferme en ce qu’il a promis. Achève, et que rien ne t’arreste : Le Ciel tient pour ses ennemis Les ennemis de cette feste.
la tyburtine Sous ta bonté s’en va renaistre Le siecle où Saturne fut maistre : Themis les vices détruira, L’honneur ouvrira son échoie, Et dans Seine et Marne luyra Mesme sablon que dans Pactole.