Versos French François Villon Ballade Vi

French poem

Ballade Vi

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Contres de la gaudisserie, Entervez tousjours blanc pour bis, Et frappez, en la hurterie, Sur les beaulx sires bas assis. Ruez de feuilles cinq ou six, Et vous gardez bien de la roe, Qui aux sires plante du gris, En leur faisant faire la moe.

La giffle gardez de rurie, Que vos corps n'en ayent du pis, Et que point, à la turterie, En la hurme ne soyez assis. Prenez du blanc, laissez du bis, Ruez par les fondes la poe, Car le bizac, à voir advis, Faict aux Beroars faire la moe.

Plantez de la mouargie, Puis ça, puis là, pour l'artis, Et n'espargnez point la flogie Des doulx dieux sur les patis. Vos ens soyent assez hardis, Pour leur avancer la droe; Mais soient memorandis, Qu'on ne vous face la moe.

ENVOI.

Prince, qui n'a bauderie Pour eschever de la soe, Danger du grup, en arderie, Faict aux sires faire la moe.

FIN DES OEUVRES DE MAISTRE FRANÇOIS VILLON.

POÉSIES ATTRIBUÉES A VILLON

I RONDEL.

Les biens dont vous estes la dame Ont mon cueur si très fort espris, Qu'il feust mort, s'il n'eust entrepris De vous aymer plus que nul âme.

Quant à moy, point je ne l'en blasme, Pour ce qu'ilz ont de tous le pris Les biens dont vous estes la dame.

De ce qu'il fault que je vous ayme, Je sçay trop bien que j'ay mespris; Mais qui en doit estre repris? Non pas moi. Qui donc? Sur mon ame, Les biens dont vous estes la dame.

II. RONDEL.

A bien juger mon propre affaire Et piteux cas, sans riens en taire, Plus qu'autre croire me debvez, Se par adventure n'avez Information de contraire.

Celle ou celluy qui m'a brassé Ce maulvais los et pourchassé Me het et ne vous ayme pas; Mais il quiert que soye chacié De vostre amour et effacié. Je congnois bien telz advocas.

Se vous avez voulu refaire Leur voulenté pour me deffaire, Vous faictes mal et me grevez. Considerez que vous sçavez Qu'onc vers vous ne voulus meffaire A bien juger.

III. RONDEL.

Une fois me dictes ouy, En foy de noble et gentil femme; Je vous certifie, ma Dame, Qu'oncques ne fuz tant resjouy.

Veuillez le donc dire selon Que vous estes benigne et doulche, Car ce doulx mot n'est pas si long Qu'il vous face mal en la bouche.

Soyez seure, si j'en jouy, Que ma lealle et craintive ame Gardera trop mieulx que nul ame Vostre honneur. Avez-vous ouy? Une fois me dictes ouy.